Ma neige en chantier
Quel bonheur, le matin, de voir un tapis tout fin tout blanc derrière la fenêtre. Un petit peu de fraîcheur vient adoucir la grisaille.
"Ca, de la neige ? De la neige parisienne, oui !". Oui Macha, de la neige parisienne, et ça me suffit. Bien sûr, elle est encore toute petite cette neige. Elle est faiblarde, ses flocons débutent, ils hésitent un peu à coller à la terre mouillée. Le béton les repousse, ils sont encore trop fragiles.
Mais j'ai vérifié. A la météo, ils disent que ça ne va pas dégeler de toute la semaine. Alors je me mets au boulot. Je passe derrière chaque brin de neige, je lui fais les yeux doux, même quand je m'en prends plein les rétines. Je lui raconte à quel point la vie vaut la peine d'être vécue, que s'il s'accroche, il verra peut-être le printemps... Mine de rien, je me suis lancé depuis le plus grand chantier d'art depuis Christo - j'essaie d'emballer tout Moscou dans la neige. J'ai bon espoir. Il paraît que pour Noël, il fera moins quatorze.
(Moins quatorze ! Ha ha ha !)