Sauve (esth)étique

Publié le par Emmanuel

Je suis très fier de moi. Venu à Moscou pour y rester le moins possible, j’ai réussi à partir, deux jours après mon arrivée, à deux cents kilomètres de la capitale, dans la bonne ville de Vladimir. L’occasion d’une petite plongée dans la Russie soviétique.

Enfin ; soviétique, c’est-à-dire. Voilà : en Géorgie, tout ce qui est soviétique sent mauvais. Et je ne parle pas seulement des chiottes. Mais ici, le soviétique revit, fleurit même parfois. A l'hôtel "Kliazma", où je suis resté une nuit, la moquette marron est toujours propre. Un des deux ascenseurs fonctionne. Il y a même des clients dans ce bloc éloigné du centre de Vladimir, des gens venus pour se détendre, visiblement, se "reposer" en T-shirt large et en pantoufles. C'est drôle, on a l'impression que ce monde est encore vivant - en Géorgie, il a été remplacé un temps par des réfugiés de la guerre d'Abkhazie, maintenant par des travaux vers un cinq étoiles à l'américaine.

Le matin, il y a les crêpes au beurre, beaucoup de beurre. Comme dans les films des années soixante-dix, les rideaux en taffetas argenté, le papier-peint jaune et la scène vide que contemple, de ses quarante minutes d'existence, votre immortel thé au citron. Pas loin de la gare, la véritable "stolovaia" de race, la cantine soviétique plus ou moins déserte, ses trois serveuses qui ragotent dans le fond de la cuisine crasseuse, deux soupes, un plat du jour et deux accompagnements ; le chtchi - la soupe au chou -, les kotlety - boulettes de viande -, purée salée ou macaronis surbouillis. La junk-food à la soviétique, quoi. Impossible de s'en passer, à cinquante roubles le repas et par -6°C.

Pour voir tout cela, j'ai évidemment dû éviter l'autre Russie, pas celle de Kasparov, mais celle des "Mister Hamburger", des hôtels normaux et d'une ville qui a l'air bien jolie. Le tourisme, ça sera pour la prochaine fois. J'avais besoin de mes kotlety et de mon thé au citron.
 
Mais au retour, en achetant de bonne foi mon billet de train, le car délabré mettant trop de temps à rallier la capitale, je me suis fait avoir. Je rentre dans cet express Gorki-Moscou, enfin Nizhni-Novgorod-Moscou, très confortable, sièges larges, télévision à écran plat dans chaque compartiment, chocolats et jus d'ananas dans le prix du billet, même pas cher. Je ne comprends pas tout. Mais bon, il fait -8°C, c’est tout blanc. Passent les petites maisons en bois toutes colorées, vertes et bleues, rouges et jaunes. Défilent les pins, les sapins, les bouleaux, hauts, tout fins, les bourrasques blanches, mèches de neige fine qui gardent les fenêtres. C'est joli. 
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A
Non mais je rêve ???? Des gens comme vous ca existe ???? Vous êtes des fachos ou koi ???? Y'a que vot gueule d'amour, vos boutons au cul et vos ptites sureurs qui vous interpellent .. Lamentables
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E
C'était peut-être le Zaria ? Moi j'étais au Kliazma. Après j'en ai fait un encore pire, où ça sentait le poulet - ou plutôt la graisse de poulet dans un four qui n'a pas été nettoyé depuis trop longtemps - toute la nuit. Impossible de dormir.
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V
Je suis arrivée sur ce blog tout à fait par hasard. Mais la note sur Vladimir m'a fait sourire, y ayant passé 2 jours il y a quelques années.On devait pas être dans le même hotel, mais le nôtre avait certainement le même charme "soviétique". <br /> Hall d'entrée "magnifique" en marbre, drapeaux des nationalités logeant dans l'hotel au-dessus de la réception etc ... Et puis à l'étage, couloir avec moquette brune, uniquement des chambres single, pion au début du couloir, douches et toilettes au fond. Je me croyais de retour à l'internat ... Enfin des magnifiques souvenirs.
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N
ou sont tes chats Manu?
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