Samedi 7 février 2009
... Vous allez en Yakoutie ? En Niva ? Ебать... *


Combien en aurons-nous rencontré, de ces petits-bourgeois de l'aventure, de ces cassandres rabat-horizon, saisis par l'incompréhension, la stupeur et l'effroi, ou parfois simplement et sincèrement compatissants à l'exposé de nos intentions automobiles ?

Nous aurons tout entendu : vous tomberez en panne dans la taïga... Vous devrez brûler vos pneus pour ne pas mourir de froid... Vous serez mangés par les loups... Une Niva ? Ah, en général c'est l'essieu arrière qui casse en premier...

Mais ces gens-là n'avaient rien compris. Car le secret dans l'aventure, c'est précisément de partir sans savoir dans quelle merde on vient de se foutre. Sinon on ne partirait pas !

Je remercie donc sincèrement les quelques gens qui ont cru en nous dès le début, et qui nous ont même envié un peu (comme ils avaient raison !) : le taxi de Kazan, Sergueï, notre "sherpa" qui nous a conduit à notre premier garage, les gars d'Ichim.

Et bien sûr, tous ceux qui ne croyaient pas en nous mais qui du coup nous ont sacrément aidé - comme quoi, le manque du foi a du bon.


Allez, c'est parti... En route pour l'aventure !




* en russe dans le texte.
Par Emmanuel
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Jeudi 8 janvier 2009
De retour à Moscou, ses températures couille-molle et sa neige toxique, pris à la gorge par les gazouillis quelques peu turbulents des Ukraigno-Cassepromiens, je n'ai pas eu le temps de raconter la suite de nos aventures en Yakoutie.

Mais ! Pour vous faire patienter un peu (oui, un peu), j'ai la fierté de vous présenter non pas un, mais deux albums photo tirés de ma première escapade dans l'Est sauvage. Le premier vous présente les beautés de l'île d'Olkhon, au milieu du lac Baïkal, le deuxième de quelques clichés croquignols tirés de mon voyage en Transsibérien.

Bon appétit !


Par Emmanuel
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Jeudi 4 décembre 2008
Si je reprends la plume, c'est qu'il y a de quoi : avec Vincent, un ami de Géorgie, nous nous sommes lancés dans la traversée de la Russie en Niva¹, de Moscou à Vladivostok en faisant un petit tour par la Yakoutie, le pays des rennes et du record mondial de froid (-71,3°C). Mais avant de raconter les tours et les détours de notre petit tour, il me faut absolument commencer par le commencement, et décrire l'une des créatures les plus curieuses et les plus redoutables que l'on puisse rencontrer, hélas trop souvent, sur les routes de Russie : le GAIchnik.

Les hommes de la GAI ne sont pas vraiment différents des autres hommes. Comme nous, ils ont deux bras et deux jambes, une paire d'yeux et un nez au milieu de la figure. Ils sont doués de l'usage de la parole et disposent d'un pouce préhensile qui leur permet de survivre en territoire hostile. Mais en réalité, ils ne sont pas vraiment comme nous. Ils ont ce petit quelque chose dans le regard et cette façon particulière de s'habiller qui vous fait dire tout de suite, quand vous en apercevez un : "Il en est."

Ceux de la GAI sont des êtres étranges, à la fois discrets et extravertis. Affublés comme de règle d'une tenue particulièrement voyante, ils préfèrent, pour mener leurs affaires que la morale réprouve, se cacher dans leur voiture, à l'orée des sous-bois. Là, à l'abri propice d'un fossé, le regard fuyant sous leur chapka en poil de nylonne, les GAIchnikis s'adonnent à leurs plaisirs coupables. N'allez cependant pas leur faire part de votre désapprobation face à leur conduite contre-nature ; dans ce pays aux valeurs déliquescentes, la loi est de leur côté. Pire, encouragés par le laxisme ambiant, ils se croient même autorisés à la faire respecter !

Demandez-le à n'importe qui : rien n'est plus révulsant pour l'honnête automobiliste russe que la vue de leurs gilets jaunes fluo moulant maladroitement, par dessus leur veste bleue, un ventre boudiné de bourrelets satisfaits - car leur "activité" peut leur rapporter gros !

Vous ne verrez jamais un membre de la GAI tout chétif et racorni. Au contraire ! Tous sont bouffis d'embonpoint, les bajoues rouges et gavées de saucisson de luxe, fièrement dressés sur le bord des routes, leur matraque noire et blanche jouant nonchalamment dans le vent rude de la steppe. Et plus ils sont vieux, pire c'est : essayez sans vomir de regarder un couple de GAIchnikis vieillissants, scrutant l'horizon du fond de leurs prunelles porcines. Vous ne pourrez pas. C'est dégoûtant. Les joues tombent, le nez empâté, rougeaud, est rongé par les maladies, ou Dieu sait ce que ces gens-là peuvent attraper. Le poil déserte le cuir chevelu. Seul subsiste le regard, planté au-dessus de leur bouche énorme et avide, un regard pervers, empli de vice et de sadisme.

D'un signe du petit bâton qui pend mollement à ses côtés, il vous intime de vous arrêter. Vous voici sur le bas-côté - de son côté. Vous êtes en danger. Vous ouvrez la fenêtre, maladroitement, ne sachant pas vraiment comment faire.

Machinalement, dans le feu de l'action, vous glissez à travers ce que vous avez de plus précieux. Mais ça ne lui suffit pas. Avec horreur, vous le voyez ouvrir la bouche. Mais quoi, quoi ? Que veut-il enfin ?

- Inspecteur Dourine, votre permis de conduire, s'il vous plaît.

Autant dire que l'exhibition d'un permis français perturbe d'emblée l'homme de la GAI. Il comprend qu'il a à faire à un homme, un vrai, qui vient d'un pays civilisé, où on ne laisse pas les types de son genre se pavaner impunément dans la rue.

- Et où est-ce que vous allez comme ça ?

- Oh, nous sommes des journalistes, nous allons en Yakoutie. On écrit un livre sur notre expédition.

- Un livre ?

- Oui, on veut parler de la Russie, de ses habitants, comment on y vit... C'est pour ça qu'on a acheté une voiture russe, pour voir comment ça se passe vraiment, sur les routes...

Normalement, à ce stade, l'homme de la GAI (Gossoudarstvennaya Avtodorojnaya Inspektsia - Inspection routière d'Etat), complètement dépassé par les événements, commence à jeter des coups d'oeils affolés aux alentours en cherchant du soutien auprès de son collègue. Mais il sait que c'est peine perdue. Rien ne pourra plus le sauver, ses sombres desseins ont été déjoués. Mal à l'aise, il regarde une dernière fois vos papiers, puis vous les rend d'un air gauche.

- Bon, eh bien, on ne va pas vous déranger alors... Bonne route !

Ce coup-ci, avouons-le, vous avez eu de la chance. Mais attention. Certains sont plus coriaces. Si vous avez le malheur de commettre ce, qu'entre eux, ils appellent un "dépassement non-autorisé", ils sauront alors déployer toute leur malice pour vous faire plonger. Il vous faudra, après de dures négociations, glisser une coupure sale dans un endroit à l'abri des regards, et repartir, l'air penaud, honteux de ce que vous venez de faire. A la merci du prochain poste de GAI.



¹ Niva = tout-terrain soviétique mobile et passe-partout.
Par Emmanuel
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Mercredi 6 février 2008
Pour ceux qui n'auraient pas été informés par mail (j'ai pu oublier du monde), j'ai réalisé il y a peu de temps un documentaire en cinq épisodes sur Tbilissi pour la Radio Suisse Romande. Je crois que le résultat n'est pas mal et c'est un peu mon cadeau d'adieu à cette ville qui m'a accueilli pendant deux ans. J'espère qu'il pourra vous la faire découvrir, n'hésitez pas à le faire circuler autour de vous.

Les épisodes sont encore téléchargeables pendant deux semaines sur le site de la Radio Suisse Romande, voici un lien direct : http://www.rsr.ch/la-1ere/un-dromadaire-sur-l-epaule/selectedDate/25/1/2008#vendredi . Vous pouvez également le retrouver dans la sélection "podcast" du site, émission "Un dromadaire sur l'épaule", et le télécharger directement sur iTunes, par exemple, pour ceux qui n'auraient pas Real Player.

Bonne écoute !
Par Emmanuel
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Mercredi 6 février 2008
Ca y est. J'ai mon visa, mon appart, mon Wifi, mon chien et mon téléphone portable avec appareil photo. Je suis installé dans ma cuisine, en train de regarder la neige qui tombe sur le parc, en bas. En face, il y a le "Triomphe Palace", une sorte de remoulage des gratte-ciel staliniens du coin, mais en plus grand.

En un mot, je suis installé dans un appart (cher) refait à neuf, bien confortable et bien situé, avec une salle de bain propre. Du jamais vécu, jusqu'ici, dans ma brève expérience de Moscovite. Quand je suis entré la première fois, ça sentait encore la peinture, c'est dire. Malheureusement, ça sentait aussi le papier peint merdique. J'imagine qu'il doit y avoir un atavisme qui pousse les Russes à s'entourer de papier-peints mauves avec des fleurs et de moquette marron. Même quand ils vont chez Ikea, ils trouvent le moyen d'acheter le pire, comme le canapé du salon, d'un magnifique gris satiné qui s'accorde à merveille avec mon téléphone vert tendre. Et après on s'étonne qu'ils votent Poutine.

Un truc qui ne change pas non plus, c'est les bousculades dans le métro. Quand on se retrouve à l'état de papier-accordéon humain, ça n'aide pas à la russophilie... Tiens, pas plus tard qu'hier je me suis fait rentrer dedans par une femme, alors que je portais dans un sac l'énième avatar de mon déménagement de Tbilissi - une quinzaine de kilos de livres. Mais je n'avais même pas eu le temps - ou la force - de lui asséner un regard assassin lorsque j'entendis dans mon dos une voix douce et bonne me dire : "pardon".

"Pardon". Ce mot mythique que les archéologues avaient redécouvert en 1812 sur les ruines fumantes de Moscou. Ce mot inutile qu'on n'apprend aux élèves des classes de russe que pour la bonne raison qu'ils ne sont pas Russes, justement. Ces quelques lettres auxquelles vous rêvez follement, en secret, encore dans les brumes de l'inconscience dans laquelle vous a plongé la quinzième porte dans la gueule de la journée.

L'apparition n'a duré qu'un instant. Emporté par la foule, je n'ai pu qu'adresser un sourire maladroit à la brave dame qui, emportée elle aussi par le flot des pékins se trémoussant d'un air mécanique jusqu'au magasin le plus proche pour acheter six oeufs, du pain et une bouteille de vodka pour les gosses, m'a regardé les yeux embués, le regard bouleversé par la cruauté de la vie, avant de disparaître de ma vue, avalée par la poix infâme des travailleurs pressés au teint pâle et au sexe racorni par des heures inquiètes d'attente compressée dans les wagons du métro. Elle était vraiment désolée.

Ca m'apprendra à dire du mal des Russes, tiens.
Par Emmanuel
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Mercredi 12 décembre 2007

Quel bonheur, le matin, de voir un tapis tout fin tout blanc derrière la fenêtre. Un petit peu de fraîcheur vient adoucir la grisaille.

"Ca, de la neige ? De la neige parisienne, oui !". Oui Macha, de la neige parisienne, et ça me suffit. Bien sûr, elle est encore toute petite cette neige. Elle est faiblarde, ses flocons débutent, ils hésitent un peu à coller à la terre mouillée. Le béton les repousse, ils sont encore trop fragiles. 

Mais j'ai vérifié. A la météo, ils disent que ça ne va pas dégeler de toute la semaine. Alors je me mets au boulot. Je passe derrière chaque brin de neige, je lui fais les yeux doux, même quand je m'en prends plein les rétines. Je lui raconte à quel point la vie vaut la peine d'être vécue, que s'il s'accroche, il verra peut-être le printemps... Mine de rien, je me suis lancé depuis le plus grand chantier d'art depuis Christo - j'essaie d'emballer tout Moscou dans la neige. J'ai bon espoir. Il paraît que pour Noël, il fera moins quatorze.


(Moins quatorze ! Ha ha ha !)

Par Emmanuel
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Vendredi 7 décembre 2007
Oh, j'aimerais tant qu'il neige ! Si je vous dis ça, ce n'est pas que j'aie l'intention de transformer ce blog, quoiqu'encore vierge et innocent, en déversoir à émotions pour jeunes filles en pot.

En fait, si je veux de la neige, c'est parce que l'hiver à Moscou, ça n'est pas toujours, comme on se l'imagine, des tourbillons de gros flocons qui vous enveloppent, vous et une superbe créature aux pommettes rougies par le froid, au beau milieu de la place Rouge. Moscou l'hiver, c'est aussi des dégels brusques qui déchaînent sur vous le fléau des trottoirs : la bouillasse.

La bouillasse, c'est l'ennemi. Elle se jette avec voracité sur vos chaussures toutes nettoyées de frais, elle dissout les meilleurs cirages anglais. Boue, huile de vidange, restes de sel et traces de neige : c'est elle. La bouillasse vous attend sournoisement au moment où vous vous y attendez le moins, à l'entrée de la station de métro, quand vous pensez déjà être à l'abri - trop tard ! Vous êtes pris. Elle rumine, elle fulmine, elle veut vous nuire. C'est une méchante. Elle prend un malin se plaisir à se prélasser aux endroits des trottoirs où les camions viennent faire leurs livraisons, et ne manquent pas de vous éructer des gerbes marronnasses sur le pantalon. Elle se vautre sur plusieurs mètres à l'emplacement des passage piétons. Avec un vice incroyable, elle cache des plaques de verglas à moitié fondu sous son terne maelström.

Le pire, c'est la neige morte. Vous mettez le pied dedans, et c'est comme mordre du chocolat à bulles, cette espèce d'ersatz au cacao qui ressemble à du gruyère. Pis encore, vous le savez, elle est condamnée : impossible de revoir ce petit tas grisâtre, autrefois joli drap blanc tapissant la chaussée, devenir un support praticable pour vos petits petons. Non, cette neige est morte. Comme un homme mordu par un zombie, elle a été contaminée - s'il ne gèle pas vite fait, vous le savez, ce tas de neige morte se transformera inéluctablement en bouillasse.

Même si vous avez de la chance, et qu'il regèle un peu, la bouillasse ne disparaît pas. Elle verglace. Et bonjour les gamelles. Car même gelée, elle ne perd rien de sa malignité. Elle ne fait qu'attendre le jour où le thermomètre fera son retour positif - lundi en gros. Et là...

Oh, j'aimerais tant qu'il neige !
Par Emmanuel
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Lundi 3 décembre 2007
Je suis très fier de moi. Venu à Moscou pour y rester le moins possible, j’ai réussi à partir, deux jours après mon arrivée, à deux cents kilomètres de la capitale, dans la bonne ville de Vladimir. L’occasion d’une petite plongée dans la Russie soviétique.

Enfin ; soviétique, c’est-à-dire. Voilà : en Géorgie, tout ce qui est soviétique sent mauvais. Et je ne parle pas seulement des chiottes. Mais ici, le soviétique revit, fleurit même parfois. A l'hôtel "Kliazma", où je suis resté une nuit, la moquette marron est toujours propre. Un des deux ascenseurs fonctionne. Il y a même des clients dans ce bloc éloigné du centre de Vladimir, des gens venus pour se détendre, visiblement, se "reposer" en T-shirt large et en pantoufles. C'est drôle, on a l'impression que ce monde est encore vivant - en Géorgie, il a été remplacé un temps par des réfugiés de la guerre d'Abkhazie, maintenant par des travaux vers un cinq étoiles à l'américaine.

Le matin, il y a les crêpes au beurre, beaucoup de beurre. Comme dans les films des années soixante-dix, les rideaux en taffetas argenté, le papier-peint jaune et la scène vide que contemple, de ses quarante minutes d'existence, votre immortel thé au citron. Pas loin de la gare, la véritable "stolovaia" de race, la cantine soviétique plus ou moins déserte, ses trois serveuses qui ragotent dans le fond de la cuisine crasseuse, deux soupes, un plat du jour et deux accompagnements ; le chtchi - la soupe au chou -, les kotlety - boulettes de viande -, purée salée ou macaronis surbouillis. La junk-food à la soviétique, quoi. Impossible de s'en passer, à cinquante roubles le repas et par -6°C.

Pour voir tout cela, j'ai évidemment dû éviter l'autre Russie, pas celle de Kasparov, mais celle des "Mister Hamburger", des hôtels normaux et d'une ville qui a l'air bien jolie. Le tourisme, ça sera pour la prochaine fois. J'avais besoin de mes kotlety et de mon thé au citron.
 
Mais au retour, en achetant de bonne foi mon billet de train, le car délabré mettant trop de temps à rallier la capitale, je me suis fait avoir. Je rentre dans cet express Gorki-Moscou, enfin Nizhni-Novgorod-Moscou, très confortable, sièges larges, télévision à écran plat dans chaque compartiment, chocolats et jus d'ananas dans le prix du billet, même pas cher. Je ne comprends pas tout. Mais bon, il fait -8°C, c’est tout blanc. Passent les petites maisons en bois toutes colorées, vertes et bleues, rouges et jaunes. Défilent les pins, les sapins, les bouleaux, hauts, tout fins, les bourrasques blanches, mèches de neige fine qui gardent les fenêtres. C'est joli. 
Par Emmanuel
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Mercredi 28 novembre 2007

Ca y est. Il neige. Il fait froid, un peu. J'ai encore du mal. Je n'enlève pas le bonnet au bon moment, dans le métro, du coup j'ai chaud et je transpire. Après, les courants d'air me gèlent, c'est pas malin quand on vient de choper la crève. Puis, je vais acheter ma riajenka* au Sedmoi Kvartal, et pas au Kvartal Viktoria, alors que c'est plus près et moins cher. J'ai les habitudes géorgiennes : je traverse les rues n'importe quand, alors que les Russes attendent.

Mais c'est bon. Je vais prendre mes marques. Faire la tronche dans le métro en lisant son journal : trop facile. Les ranjos et le pas sûr sur le verglas : je maîtrise. Dehors, les gens méchants et les gros manteaux. Dedans, les chaussons, les sourires et le thé chaud. Reste encore ce que je ne connais pas, et les problèmes de visa à régler. Aussi, la nostalgie de la Géorgie qui risque de peser. Mais j'ai mes deux khinkalis en pâte de sel, faits main par les potes, mon livre de cuisine et quelques "contacts" dans la place. Et puis quel bonheur pour la douche d'avoir de la vraie eau chaude en abondance, chauffée par du bon gaz russe !

Ouaip. Ca va aller.




* Bientôt Popofeu, les premières chroniques culinaires russes de l'Internet. Hé hé hé...

Par Emmanuel
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